40 ANS DE MALÉDICTION BRISÉS : Le Mozambique terrasse le Gabon (3-2) et plonge les Panthères dans les larmes et la honte
AKAKPO Georgeseline
40 ANS DE MALÉDICTION BRISÉS : Le Mozambique terrasse le Gabon (3-2) et plonge les Panthères dans les larmes et la honte
Le football africain a livré son verdict le plus cruel et le plus historique lors de la phase de groupes de la Coupe d'Afrique des Nations 2025 à Agadir. Dans un match à couper le souffle, le Mozambique, surnommé les Mambas, a créé la sensation en s'imposant 3-2 face au Gabon. Cette victoire n'est pas seulement un résultat sportif ; c'est un événement qui met fin à une attente de quarante ans pour les Mozambicains et qui scelle l'élimination prématurée et humiliante des Panthères gabonaises.
L'espoir brisé des supporters gabonais : de l’optimisme à la désillusion

Avant le coup d'envoi, l'optimisme régnait dans le camp gabonais, malgré la pression des résultats précédents. La ferveur des supporters, venus en nombre, témoignait d'une foi inébranlable en leur équipe. C'est dans cette ambiance d'espoir, teintée d'une légère anxiété, que nous avons recueilli le témoignage de Grace, étudiante à Abulcasis, dont les mots résonnaient d'une détermination touchante : « Malgré la défaite au dernier match, je crois que nous allons gagner, je suis venue supporter mon pays. »
Cet espoir a été le fil conducteur d'une première mi-temps où le Gabon a tenté de prendre le jeu à son compte. Cependant, la défense mozambicaine, bien organisée, a su contenir les assauts, avant que les Mambas ne prennent l'avantage. Le match fut un véritable thriller, avec des buts de Pierre-Emerick Aubameyang et Alex Moucketou-Moussounda pour le Gabon, qui n'ont pas suffi à contenir la détermination et l'efficacité clinique des Mambas. Le Mozambique, porté par les réalisations de Faisal Bangal, Geny Catamo et le but décisif de Diogo Calila, a tenu bon jusqu'au coup de sifflet final, laissant le Gabon au bord du précipice.
La joie historique des Mambas : la fin d'une attente de 40 ans
Du côté mozambicain, la victoire a été accueillie par une explosion de joie indescriptible, qui a traversé le continent. Ce succès 3-2 n'est pas anodin : il s'agit de la toute première victoire du Mozambique en phase finale de la CAN, après une disette de 17 matchs et quatre décennies d'attente.
Les supporters mozambicains célèbrent non seulement la qualification potentielle pour les huitièmes de finale, mais surtout la fin d'une malédiction sportive. Sur les réseaux sociaux, l'euphorie était palpable. Le sentiment général est celui d'avoir enfin réussi à "déranger" la hiérarchie du football africain, prouvant que les Mambas sont capables de mordre les plus grands. Cette victoire est perçue comme le début d'une nouvelle ère pour le football mozambicain, un moment de fierté nationale qui restera gravé dans les annales.
Larmes, colère et sentiment de honte au Gabon : le naufrage national
Le contraste avec l'ambiance dans le camp gabonais est saisissant. L'élimination, confirmée par le match nul entre la Côte d'Ivoire et le Cameroun, a laissé les supporters inconsolables et révoltés. Les images de fans en larmes et les réactions de profonde déception ont fait le tour des médias, mais la tristesse a rapidement cédé la place à une colère.
Le sentiment dominant est celui de la honte et de la frustration. Sur les réseaux sociaux et dans les zones d'interview, les critiques fusent. Honoré, étudiant à l’UMSS un supporter gabonais interrogé après le match, a résumé le sentiment général avec une amertume palpable :
« Tout ça pour rien ! C'est un manque de respect envers nous, les supporters qui faisons le déplacement. On n'est pas déçus, on est révoltés ! On est fatigués de devoir faire des calculs après chaque match. Cette équipe ne répond jamais présente quand il le faut. »
L'échec est d'autant plus amer qu'il est synonyme de l'éternel retour à la case départ : « On est fatigués des calculatrices », déplorent les fans, lassés de devoir dépendre des résultats des autres. La défaite face au Mozambique, une équipe qui n'avait jamais gagné en CAN, est perçue comme l'humiliation de trop, marquant une douloureuse remise en question pour le football gabonais.
La question de la gestion de l'équipe par le staff technique est également soulevée, les fans réclamant des changements profonds pour redonner un nouveau souffle aux Panthères.
Cette défaite restera gravée dans les mémoires comme un moment de bascule : l'apogée d'une attente pour le Mozambique, et une douloureuse remise en question pour le Gabon. Les Panthères rentrent à la maison, laissant derrière elles les espoirs brisés de leurs supporters, dont la ferveur, à l'image de celle de Grace et d'Honoré, méritait un tout autre dénouement. Le Gabon doit désormais se reconstruire, tandis que le Mozambique savoure son moment de gloire.
Georgeseline AKAKPO
