ALGÉRIE : LES FENNECS SONT DE RETOUR ?
ALGÉRIE : LES FENNECS SONT DE RETOUR ?
Victorieux du Burkina Faso (1-0), les Fennecs filent en huitièmes et rêvent d'un troisième titre
Après deux éditions catastrophiques où ils ont été éliminés dès le premier tour, les Fennecs d'Algérie reviennent sur le devant de la scène à la CAN 2025. Avec deux victoires en deux matchs, dont un succès décisif face au Burkina Faso (1-0) dimanche 28 décembre, l'Algérie s'est qualifiée pour les huitièmes de finale et a retrouvé son statut de nation majeure du football africain.
ALGÉRIE 1-0 BURKINA FASO | Stade Prince Moulay Hassan, Rabat | 28 décembre 2025, 18h30 | But : Mahrez (23', sp.)
Le retour d'une nation historique
Avec une entrée fracassante face au Soudan (3-0) lors de leur premier match, puis cette victoire au caractère face au Burkina Faso, l'Algérie a rappelé qu'elle reste l'une des forces majeures du football africain. Ce succès contre les Étalons met fin à une malédiction de six matchs sans victoire en CAN et vient réveiller les souvenirs glorieux de 2019, année où les Fennecs avaient soulevé leur deuxième trophée continental.
Qualifiée pour les huitièmes de finale et assurée de terminer première du groupe E, l'Algérie de Vladimir Petkovic affiche une solidité retrouvée. La meilleure défense de la CAN 2025 (aucun but encaissé en deux matchs) combinée à l'efficacité offensive incarnée par Riyad Mahrez : voilà la recette du renouveau algérien.
Un choc au sommet remporté au caractère
Mahrez encore décisif
Le choc du groupe E a tenu ses promesses ce dimanche à Rabat. Face à un Burkina Faso agressif et physique, l'Algérie a su faire preuve de réalisme. Dès l'entame, les Étalons ont cherché à bousculer les Fennecs par un pressing haut. Mais à la 16ᵉ minute, sur une percée de Rayan Aït-Nouri dans la surface, Dayo déséquilibre l'ailier algérien. Penalty logique. Riyad Mahrez se charge de l'exécution et trompe parfaitement Koffi à contre-pied (1-0, 23').
Avec ce but, le capitaine algérien devient le meilleur buteur de la CAN 2025 à ce stade de la compétition et inscrit son 8ᵉ but dans l'histoire de la compétition, dépassant la légende Lakhdar Belloumi. À 33 ans, Mahrez confirme qu'il reste l'âme et le leader technique de cette sélection.
Une défense héroïque en seconde période
Au retour des vestiaires, le Burkina Faso a poussé. Bertrand Traoré et Edmond Tapsoba ont multiplié les tentatives, mais la défense algérienne emmenée par Rayan Bensebaini et Aïssa Mandi a tenu bon. Vladimir Petkovic a même fait sortir Mahrez et passé à une défense à cinq pour verrouiller le résultat. Les nombreux centres burkinabés n'ont pas perturbé Luca Zidane, impeccable dans ses cages sous les yeux de son père Zinedine présent en tribunes.
Mahrez, l'éternel maestro
Triple buteur sur les deux premiers matchs (deux fois contre le Soudan, une fois sur penalty contre le Burkina Faso), Riyad Mahrez reste l'âme de cette sélection. Capitaine charismatique, meilleur buteur algérien en Ligue des Champions (20 buts), vainqueur de la Premier League et de la Ligue des Champions avec Manchester City, Mahrez possède un palmarès exceptionnel.
Mais c'est bien en CAN 2019 qu'il a gravé son nom dans la légende. Son coup franc à la dernière seconde contre le Nigeria en demi-finale reste l'un des moments les plus iconiques de l'histoire de la compétition. Quelques jours plus tard, il soulevait le trophée en battant le Sénégal en finale (1-0).
Aujourd'hui, malgré ses 33 ans et une carrière européenne bien remplie, l'ailier d'Al-Ahli demeure décisif et inspiré. Mais le maestro reste lucide et refuse de s'enflammer : "On ne doit pas s'enflammer. On doit rester concentrés pour la suite." Une humilité qui contraste avec son statut de légende vivante du football algérien.
Une rivalité historique enfin débloquée
Historiquement, les deux nations se connaissent bien : 19 confrontations depuis 1996, avec un bilan parfaitement équitable (6 victoires chacune et 7 nuls). Plus impressionnant encore, les deux équipes ne s'étaient pas départagées depuis trois matchs consécutifs, avec des scores de 1-1, 2-2 et 2-2 lors de leurs dernières rencontres.
Cette statistique rendait ce duel encore plus indécis. Mais l'Algérie a su trouver les ressources pour faire la différence et mettre fin à cette série. Une victoire au mental qui témoigne du nouveau visage des Fennecs : solides, réalistes et déterminés.
Le style Petkovic : solidité et efficacité
Sous la direction du sélectionneur suisse Vladimir Petkovic, l'Algérie affiche un visage rajeuni et revigoré. Une défense solide avec Rayan Bensebaini et Rayan Aït-Nouri, un milieu de terrain technique et dominateur avec Ismaël Bennacer et Hicham Boudaoui, et un secteur offensif explosif emmené par Mahrez et Mohamed Amoura.
Les Fennecs pratiquent un football pragmatique : contrôler le match quand c'est possible, se replier intelligemment quand il le faut, et frapper en contre-attaque avec des joueurs de vitesse. Cette flexibilité tactique a fait la différence face au Burkina Faso. Petkovic a su ajuster son dispositif en cours de match, passant à une défense à cinq pour verrouiller le résultat.
La symbolique de 1990
Fait intéressant : la large victoire 3-0 contre le Soudan rappelle les débuts tonitruants de l'Algérie lors de la CAN 1990, édition qu'elle avait remportée après avoir écrasé le Nigeria 5-1 lors de son match d'ouverture. Cette superstition pourrait-elle se répéter ? Les supporters algériens y croient fermement.
Double championne d'Afrique (1990 et 2019), l'Algérie possède l'expérience, le talent et la maturité pour viser un troisième sacre. L'équipe a retrouvé sa solidité défensive, son efficacité offensive et surtout, son capitaine Mahrez en pleine forme. Les conditions sont réunies : climat favorable, proximité du public algérien au Maroc, infrastructures modernes et une génération de joueurs aguerris évoluant dans les plus grands championnats européens.
Les chiffres de la performance algérienne
• Deux victoires en deux matchs : 3-0 contre le Soudan, 1-0 contre le Burkina Faso
• Meilleure défense de la CAN 2025 : 0 but encaissé
• Riyad Mahrez : 3 buts en 2 matchs, meilleur buteur provisoire
• Première place du groupe E assurée
• Qualification pour les huitièmes de finale acquise
Les artisans du renouveau
Riyad Mahrez : le capitaine légendaire
33 ans, 8 buts en CAN (record algérien), double champion d'Afrique (2015 et 2019), vainqueur de la Ligue des Champions avec Manchester City. Mahrez incarne à lui seul l'histoire récente du football algérien. Son leadership technique et son expérience sont irremplaçables.
Luca Zidane : le fils de la légende
Le fils de Zinedine Zidane s'est affirmé comme le gardien numéro 1 de l'Algérie. Deux matchs, deux clean Sheets. Sa relecture du jeu et sa sérénité dans les cages rassurent. Zinedine, présent en tribunes pour les deux matchs, peut être fier de son fils qui défend les couleurs du pays de ses ancêtres.
Mohamed Amoura : la nouvelle pépite
L'attaquant de Wolfsburg (24 ans) impressionne par sa vitesse et sa technique. Auteur d'un but contre le Soudan, il incarne la nouvelle génération algérienne. Ses accélérations foudroyantes font des ravages dans les défenses adverses.
Pourquoi l'Algérie peut aller loin
Les Fennecs ne sont plus les outsiders qu'il faut craindre, mais bien l'une des nations favorites pour le titre. Leur début de compétition parfait (6 points, 4 buts marqués, 0 encaissé) en témoigne. La défense est infranchissable avec Bensebaini et Mandi, le milieu est créatif avec Bennacer et Boudaoui, l'attaque est tranchante avec Mahrez et Amoura.
Reste maintenant à confirmer en huitièmes de finale. L'Algérie, première du groupe E, affrontera probablement le Sénégal ou la RDC, deux équipes redoutables. Mais avec Mahrez en forme et une défense de fer, les Fennecs ont les armes pour créer l'exploit.
Le dernier match de groupe contre la Guinée-Équatoriale (31 décembre) permettra à Petkovic de gérer son effectif et de préparer au mieux la phase à élimination directe. Mais une chose est sûre : ne vous y trompez pas, l'Algérie est de retour. Et elle compte bien aller chercher un troisième titre continental.
Les Fennecs méritent toute votre attention. Le spectacle ne fait que commencer.




